Les secrets inavouables de l’affaire Sadek / Bassem

Le moins qu’on puisse dire de cette affaire Sadek/Bassem, c’est que les enquêteurs, les magistrats et la défense, n’auront pas à se fouler pour réunir les pièces du dossier. Toutes les preuves de l’agression sont disponibles sous format vidéo et elles ont été tournées et diffusées sur les réseaux sociaux par les principaux protagonistes. Quand on y pense, c’est absolument délirant, mais cela reflète bien l’état de notre société : c’est là le secret de cette affaire pathétique.

L’origine de l’embrouille

Pour la faire courte, il y a plusieurs jours, voire plusieurs semaines, de cela, un « clash » a éclaté entre le rappeur et acteur francilien Sadek, et le snapchateur rhodanien Bassem Braiki. Avant d’aller plus loin, rappelons rapidement qui sont les deux protagonistes.

Bassem est connu pour ses prises de positions polémiques. Réfractaire au multiculturalisme et au métissage des racisés™, en particulier des « beurettes » qui « mettent la honte sur la communauté », il est devenu en quelques années une sorte d’influenceur sur les réseaux sociaux. Mais si ses opinions peuvent ou pas faire polémique, c’est également à cause de son style très ordurier qui l’a rendu célèbre sur les réseaux. Il s’était également lancé dans l’animation de sa communauté en créant une sorte d’émission diffusée en direct sur internet, dans laquelle il recevait des appels téléphoniques qui partaient très rapidement en insultes et en palabres, pour le plus grand plaisir d’un public déjà formaté aux débilisme Hanounesque. Le reste du temps, il se livrait épisodiquement à toutes sortes de « rants » sur des sujets variés, mais tournant principalement autour des thématiques de la communauté maghrébine mahométane, des mœurs légères de beaucoup de ses membres, en particulier de certaines jeunes filles, de la culture du « métissage » et d’autres sujets de société, sans manquer de commenter les potins du monde interlope des réseaux sociaux, du rap ou de la société du spectacle. Bassem laisse peu de gens indifférents. La plupart le considèrent à raison comme un personnage ridicule malgré lui, en particulier parce qu’il reproche des attitudes légères aux « sœurs » magrébines, bien qu’il se soit lui-même régulièrement trouvé dans des situations scandaleuses et qu’il s’exprime avec un langage extrêmement vulgaire. D’autres se sont mis à le haïr férocement en le qualifiant de raciste, en particulier à l’endroit des personnes d’origine africaine, qu’il nomme les « black swag ». De fait, on peut dire que Bassem a pratiquement insulté ou attaqué tous les rappeurs/Youtubeurs/influenceurs plus ou moins ciblés sur le créneau « culture urbaine ».

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Quant à Sadek, Sadek Bourguiba de son vrai nom, il est un rappeur français assez connu du public. Actif depuis le début des années 2010, il avait déjà acquis une certaine notoriété lorsqu’il fut jugé assez bankable pour interpréter un rôle dans le film Tour de France en 2016, aux côtés de Gérard Depardieu. Personnage assez haut en couleurs, il passe souvent pour avoir certaines capacités intellectuelles et d’élocution (ce qui n’est pas difficile, vu le niveau d’imbécilité du public actuel), mais il est pourtant également réputé pour dire des choses passablement stupides qu’il croit sans doute être d’une grande profondeur philosophique :

Mais revenons à l’embrouille en question. Ces dernières semaines, un certain nombre de rappeurs de premier plan ont été exposés sur les réseaux sociaux dans des situations scandaleuses, en compagnie de filles de mauvaise vie et le plus souvent en plein acte. Pour certains de ces individus, il s’agissait de situations adultérines. Dans tous les cas, il s’agissait de situations aussi impures que pathétiques, à la hauteur des standards moraux de notre époque. Bref.

Certains avancent que les premières hostilités entre le rappeur Sadek et le pundit Bassem auraient commencé quand ce dernier aurait pris part à la polémique visant Sadek et une certaine Ticha. Cette Ticha s’est présentée début Janvier en vidéo comme étant une prostituée ayant eu des rapports honteux avec ledit Sadek et aurait prétendu avoir été mise enceinte à la suite de ces ébats. Depuis, une vidéo des ébats en question auraient fuité sur les réseaux sociaux, amplifiant la polémique. Polémique d’autant plus gênante pour le rappeur, que ce dernier est marié par ailleurs.

Néanmoins, si ces polémiques ont assurément fait « monter la sauce », l’embrouille Sadek/Bassem aurait été décuplée ces deux dernières semaines. Le rappeur devait faire un concert à Saint Priest, près de Lyon le 8 février. Toutefois, le concert dut être annulé par les organisateurs, en raison d’attroupements massifs de jeunes hostiles à la tenue de l’évènement. Selon le site 13orduHipHop, « les organisateurs de la soirée ont été contraints d’annuler le concert de Sadek car ils craignaient des éventuels débordements suite aux provocations sur les réseaux sociaux de Bassem Braiki, ce qui a visiblement énervé le rappeur français qui vient de réagir à cette annulation sur son compte Snapchat ». Il faut dire que Bassem avait déjà pu montrer son « influence » dans la région lyonnaise par le passé, lorsqu’il avait fait capoter un showcase du rappeur Booba à Lyon en 2016. En effet, réagissant à l’affaire et tenant visiblement Bassem Braiki pour responsable de l’échec de la soirée, Sadek a posté une vidéo en demandant à Bassem qu’il lui livre son adresse afin de le rencontrer pour des explications. Suite au Snap de Sadek, Bassem a répondu indirectement en filmant sa boite aux lettres et en révélant donc volontairement son adresse à Vénissieux.

Par la suite, Sadek a réagi une nouvelle fois en publiant des photos compromettantes et scandaleuses de Bassem Braiki sur son compte Twitter. Pour des raisons évidentes, il n’est pas question pour nous de diffuser ces horreurs ici et nous vous déconseillons expressément de tenter d’aller vous polluer l’esprit en cherchant ces images.

Une polémique et une agression en live sur les réseaux sociaux

Visiblement, le rappeur avait estimé que les choses étaient allées trop loin. Selon ses déclarations, ayant porté plaindre pour menaces et insultes, il avait estimé que l’inaction des forces de police était inacceptable. Ironique, pour un individu qui a régulièrement rappé pour insulter la police.

Contre toute attente, alors que les réseaux sociaux suivaient déjà l’affaire de près, dans la nuit du 10 au 11 février, une vidéo Snapchat de Sadek et trois ou quatre autres individus est apparue en ligne. Sur la vidéo, on peut voir Sadek et les individus se tenir dans ce qui semble être le hall d’entrée de l’immeuble où réside Bassem, précisément l’endroit que ce dernier avait filmé en réponse précédemment. Le reste de la vidéo montre une agression brutale sur Bassem Braiki, roué de coups avec des objets contondants, copieusement insulté, gémissant de douleur et le visage en sang. Sur l’une des vidéos de l’agression, on peut assez clairement reconnaitre le rappeur Sadek.

Mais ce n’est pas tout. Alors que le hashtag #sadekbassem était déjà en top des tendances du Twitter francophone et que le public avide de scandale et de polémiques se demandait où les choses en étaient, Sadek donna au peuple ce qu’il demandait : du sang. En effet, ce dernier a posté sur Twitter une photo de sa main maculée de sang avec une caption : « C’est fait ».

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S’en suivit un snap de l’artiste, se montrant toujours avec la main en sang dans une voiture avec ses complices, goguenards, exhibant bruyamment les preuves de leur méfait.

Mais dès le matin du 11 février, le rappeur publia une autre vidéo dans laquelle il apparaissait beaucoup moins expansif. Dans cette vidéo, sans nier son acte, ce qui serait difficile au vu des preuves, il dit « ne pas être fier » de lui et « avoir cédé comme un imbécile à la violence et à la haine », expliquant avoir agi par dépit, estimant s’être senti « menacé par des armes et des propos » et n’avoir pas eu le soutien escompté de la justice suite à un dépôt de plainte antérieur.

Les peines encourues par Sadek

On peut clairement voir dans cette vidéo que Sadek se rend compte de sa très mauvaise stratégie, ajoutant également le prétexte du racisme supposé de l’agressé. Echappatoire ou tentative d’atténuer la violence de l’acte, sans doute, mais on peut affirmer que le gauchisme libertaire mental de Sadek est bien réel.

En attendant, on avait peut-être jamais vu une affaire d’agression préméditée livrée avec autant de preuves. Tout ceci fait furieusement penser à la vidéo « Rap vs Réalité » du Youtubeur Mister V, dans laquelle il parodie le rappeur Koba la D, et plus généralement dans laquelle il se moque de ces rappeurs qui jouent les gangsters en faisant tout ce que les gangsters ne font pas : révéler avec exactitude la nature de leurs activités supposées.

Du coup, Sadek a livré de lui-même toutes les preuves de son forfait : menaces, préméditation, agression violente en réunion, revendication. En photos et vidéos, réalisées par l’intéressé lui-même. Le combo total de l’imbécilité. Pour tout ceci, Sadek risque entre 7 et 10 ans de prison, et au moins 100000 euros d’amende.

Au moins, Sadek est conscient qu’il devra « payer pour ça ». La société française actuelle est passablement décadente, ses institutions sont déchristianisées et la justice républicaine est trop souvent laxiste avec le crime. Si on sait que Sadek a d’ores et déjà été interpellé par la Police dès le 12 février, on ignore encore l’état d’avancement de l’enquête et de l’instruction du procès. On sait déjà que Bassem Braiki sera défendu par Maitre David Metaxas, qui a la réputation d’être un tenor assez sulfureux du barreau lyonnais et qui est connu pour être « proche du milieu » et pour avoir défendu le ripou Michel Neyret. Quant à Sadek, comme la plupart des rappeurs et délinquants parisiens, il préfère les avocats juifs : il sera représenté par Maitre Arié Alimi, membre de la Ligue des Droits de l’Homme et conjoint de l’ancienne ministre Cécile Duflot.

Le fait que Sadek était accompagné de plusieurs autres individus sera probablement un argument utilisé par son avocat. Sadek sera t il le 6ix9ine français ? Certains le supposent déjà. De plus, Sadek n’a pas de casier judiciaire, hormis une histoire de défaut de permis de conduire. Quoiqu’il en soit, on voit mal comment une agression aussi violente que stupide, accompagnée de tant de preuves intentionnelles, pourra lui garantir une peine inférieure à au moins 2 ans fermes. Mais tout est possible avec la « justice » républicaine.

Le procès d’une société de sauvages

Quoiqu’il en soit, ce ne sera pas seulement le procès de Sadek : ce sera le procès d’une société décadente, où l’immoralité générale rend possible l’existence de tous ces cas sociaux et d’un public de plus en plus abruti. Ce sera également le procès d’une société libérale et libertaire, qui a laissé se déliter les mœurs tout en transformant la France en un enfer soit disant multiculturel. Car, derrière les clashs, ce que révèle aussi l’affaire Sadek/Bassem, c’est l’ensauvagement de la république française et du mensonge « multiculturel » et « laïc ».

Pendant de nombreuses années, l’immigration massive ne pouvait être critiquée sans risquer de se faire taxer de raciste ou de fasciste. Les partis gouvernementaux de « droite » ou de gauche, les mouvances gauchistes, ainsi que la culture Skyrock/Canal+, ont imposé aux deux dernières générations d’être des gauchistes mentaux, ainsi que des hypocrites. Or, le racisme ne se développe pas chez les gens réalistes et intelligents, qui ne font qu’alerter des conséquences terribles du laxisme républicain. Le racisme s’est développé entre communautés issues de l’immigration ou à l’égard des français de souche eux mêmes, et on a pu voir que les réactions à l’agression de Bassem ont été accueillies avec joie par tous ceux qui ont estimé que l’individu avait bien mérité ce passage à tabac en raison de ses propos jugés racistes, notamment à l’encontre des Noirs.

Or, beaucoup de Noirs ou d’autres personnes ayant réagi de la sorte, ont aussi prouvé que Bassem, malgré sa vulgarité et son manque criant de profondeur d’esprit, avait exprimé des vérités. Mais pendant que les uns applaudissent à l’agression de Bassem et pendant que d’autres pleurent à son chevet, pendant que tous osent encore parler de racisme ou des soi disant malheurs de leurs communautés, des jeunes français, qui ne sont ni rappeurs, ni « influenceurs » se font agresser violemment de façon régulière, et ça fait rarement la une des médias.

Cette affaire devrait rappeler la réalité du monde et de l’être humain. Mais une fois encore, le filtre des réseaux sociaux risque fort d’empêcher toute prise de conscience dans la masse. Etrangement, l’ensauvagement de la société n’a jamais été si réel que depuis qu’il prend naissance sous forme virtuelle.

Conclusion

Par le passé, la France avait bien connu quelques clashs ou « affaires » relatives au milieu du rap et/ou du divertissement. On se souvient par exemple de l’embrouille Rohff/Booba, qui s’était soldée par l’agression violente d’un simple employé d’une boutique dont Booba était le propriétaire. Cette agression franchement stupide avait couté une conséquente peine de prison à Rohff. On peut également se rapporter à des affaires ayant conduit à l’incarcération de rappeurs ayant exhibé trop fièrement des scènes de trafic ou de stocks d’armes ou de stupéfiants dans leurs vidéos, comme ce fut le cas avec le rappeur Double V. On peut aussi évoquer l’affaire qui a impliqué il y a deux ans le rappeur MHD, sensation de l’afrotrap en 2017/2018, lorsqu’il s’était trouvé mêlé à une affaire de meurtre ; laquelle l’a conduit en prison où il se trouve encore actuellement.

Mais, à notre connaissance, on a encore jamais vu un violent règlement de compte se produire quasiment en direct sur les réseaux sociaux, filmé et partagé volontairement par les agresseurs, à visage découvert et de façon revendiquée.

Justement, l’affaire Sadek/Bassem en dit long sur notre époque et sur l’état d’esprit et la moralité de toute une génération. En effet, nous plongeons si profondément dans les aybsses de la stupidité et de la dégénérescence, que les rares voix à avoir à peu près réagi intelligemment à l’affaire, sont celles de youtubeurs-humouristes comme Mohammed Henni, lequel a maladroitement, mais correctement exprimé le fait que dans cette affaire, les salauds ne sont pas seulement Sadek ou Bassem, mais ce sont également tous les « téléspectateurs », qui se repaissent du sang de ces polémiques pitoyables, les uns jugeant que Bassem n’a eu que ce qu’il mérite, les autres que Sadek y est allé trop fort, que c’était une attaque déloyale, ou encore que « ça devait bien finir par arriver ».

Pourtant, personne ou presque ne semble s’étonner que tout ceci a été diffusé en direct, sur les réseaux sociaux, par les protagonistes. Non, cela ne surprend plus personne : c’est la pure normalité pour toute une partie de la société qui ne perçoit plus le monde qu’au travers des fils Twitter et des filtres Instagram ou Snapchat.

D’ailleurs, l’affaire Sadek/Bassem ne représente qu’un cas d’école, massif en raison de la célébrité de ses protagonistes. Mais en réalité, depuis quelques années, il devient commun de voir s’afficher sur les réseaux, en particulier sur Snapchat, des dealers, des escrocs à la petite semaine ou des prostituées, tous souvent très jeunes et trop heureux de pouvoir flexer et montrer leur « réussite », de pouvoir faire le buzz. Sur Hazel Forum, nous reportons régulièrement les arrestations de très gros trafiquants de drogue du darknet. Contrairement à des acteurs ou des clowns comme Bassem ou Sadek, il ne viendrait jamais à l’idée de ces vrais criminels de réseaux de faire les malins sur les réseaux sociaux, de faire des chansons en se présentant comme dealers ou de menacer des gens sur Instagram. La plupart d’entre eux se font arrêter à la suite de vastes enquêtes internationales. Mais il est arrivé que certains d’entre eux, comme le responsable du défunt site Alphabay, de se faire attraper à cause d’indices infimes, par exemple l’utilisation d’un vieux pseudo d’une vieille adresse hotmail datant de leur adolescence.

Ainsi, ce qui est proprement stupéfiant dans cette affaire Sadek/Bassem, ce n’est pas tant la « hagra » en elle-même, mais cette volonté délibérée de vouloir montrer au monde entier les preuves du délit.

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